Le Club d'AppAs — Un cercle fermé ouvert aux foules rieuses

Cessez de chercher midi à quatorze heures ou même à dix-neuf

Il va falloir maintenant que j’éclaircisse sérieusement les choses. Je vous écoute depuis des mois et je vous entends dire, et par ci, et par là, et sans cesse, des trucs comme « le travail de Robert autour de la figure du phoque transi », « les recherches de Gérard autour des problématiques de coton-tiges », « les créations de Véro autour du concept de franges collées »… Inutile de multiplier les exemples, vous aurez compris. À force de s’agiter autour des choses, on se demande bien quand tous ces gens vont se mettre – enfin – à attaquer le cœur du sujet. Foncez, les gars et les filles, nom de Dieuh. Cessez de tourner autour du pot de confiture comme les guêpes neurasthéniques et exténuées qu’on voit chanceler au pied des vitres à la fin de l’été. Engloutissez incontinent le contenu du pot et cassez-vous faire la teuf avec les potes. Ne venez pas me provoquer, en plus, en me parlant de votre « rapport à » (l’altérité, la laine de criquet, la notion de rémanence dans l’œuvre poétique de Jacques Gonesse pendant l’Occupation, et tutti quanti ). Je risquerais, si vous persistiez, à ne pas écouter vos piaillements d’effroi et à balancer, illico, dans l’escalier central du musée où vous m’avez entraîné, l’un des aquariums de formol qui contient les « hérisson en rondelles » de l’artiste Fabien Hurbst. Et estimez-vous heureux que je ne vous force pas à en manger un gros bout. ♦

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