Le Club d'AppAs — Un cercle fermé ouvert aux foules rieuses

Étiquette juge

Prix sacrifiés, tout* doit disparaître ! (*exceptés les ultimes profits générés par cette néanmoins douloureuse opération)

L'exposition Bible à Inchoon en Corée après le passage  du typhon le 2 septembre 2010

Eh bien voilà ! Ce qui devait arriver est arrivé. Vous avez été placé en redressement judiciaire ! Je vous avais bien dit que de rester plié en deux toute la journée dans votre bureau n’était pas une solution. Ne venez pas brandir la classique excuse de la hernie discale ou de la gastro-entérite, ou même de la crise fou-rire suite à la lecture d’une blague de Toto et de la fonctionnaire blonde. La justice, mon petit bonhomme, va sacrément vous déplier, je vous le garantis multirisque habitation. Savez-vous au moins, du fond de votre panade, comment se déroule un redressement judiciaire mené dans les règles de l’art ? Imaginez un peu la scène. Un.e avocat.e vous attrape par les pieds tandis qu’un.e juge – ayant au moins deux ans d’ancienneté – se saisit de votre crâne. À « trois ! » les deux magistrat.e.s tirent chacun.e de leur côté. Parfois, en tant que de besoin, il arrive aussi qu’un.e greffier.e de 1 quintal vous saute sur le dos à pieds joints. En effet, comme vous le dites, ce traitement est de nature à vous « mettre à plat ». Mais taisez-vous, s’il vous plaît. Il n’y a pas de quoi rire. Quand l’heure du redressement judiciaire sonnera, vous ramperez de faiblesse comme le fait, au soleil d’une poubelle de plein air, un lambeau de  serrano sur l’ intercalaire en polypropylène de sa plaque d’embalage. L’expérience a montré, qu’un fois placé devant la dure réalité des faits, vous perdiez tous vos moyens. Souvenez-vous du dépôt de bilan que vous avez dû effectuer il y a quelques mois. Vous ne faisiez pas le fier, n’est-ce pas ? Il se trouve que j’en ai suivi la retransmission sur la chaîne du tribunal de Commerce Compétent. Je peux en témoigner, ce fut un bien misérable spectacle. Vêtu de votre pagne de billets de cinq euros (5 €), vous approchiez en tremblant de la vertigineuse pyramide du Dépôt de Bilan (celle-ci avait un style maya assez imposant). Dans vos pognes crispées, vous serriez une sorte de grosse galette racornie, dont la nature des matériaux qui la composaient n’était pas claire. Croûte de cuir, brioche, hydrocarbures, cartilage ? Je vous ai vu déposer l’atroce chose – qui n’était autre, évidemment, que votre bilan – sur la première des marches de la pyramide. Et du haut de celle-ci est tombé le hoquet d’un rire méprisant. Un homme en tunique de laine de lama vous regardait en dardant sur vous le rougeoiement de ses pupilles brûlantes comme des brandons. Malgré les bons trente mètres qui vous séparaient, vous l’aviez reconnu. C’était l’Administrateur du Culte judiciaire. Laminé par la honte, vous avez alors tourné les talons à la recherche d’une hutte, d’un terrier, d’un dessous de galet, de n’importe quelle anfractuosité crasseuse où vous pelotonner en couinant faiblement. Ha, ha ! Ces souvenirs n’ont pas l’air de vous réjouir beaucoup. Vous êtes tout pâle. Tout crispé. Ne sentiriez-vous pas de la sueur vous dégouliner le long des flancs ? Attention, vous êtes, peut-être, déjà, en cours de liquidation judiciaire. ♦

“Bible Expo after Typhoon in Inchon Korea, 2010 Sept 2nd”by cesarharada.com is licensed under CC BY-NC-SA 2.0

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