Le Club d'AppAs — Un cercle fermé ouvert aux foules rieuses

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Ha ha, des barres, ton orage pour le fun, gros

« Non mais, oh, dis, tu déconnes ?
— Non, je ne déconne pas.
— Hé, non, tu déconnes, là.
— Je te dis que je ne déconne pas.
— Tu déconnes pas ?
— Non.
— Arrêtes, tu déconnes…
— Non !
— Mais si, tu déconnes.
— Je ne déconne absolument pas.
— Oh, hé…
— Je te jure.
— Non, non, tu déconnes.
— Pas du tout.
— Mais si.
— Mais non.
— Ha, ha, tu déconnes grave !
— Je ne déconnes pas une seule seconde.
— Oui, mais en fait tu déconnes.
— Si je déconnais, je le dirais !
— Allez arrête…
—”Arrête” quoi ?
— Non, arrête de déconner, sérieux.
— Je te dis que je suis à dix mille années lumière de déconner.
— Et tu continues, en plus…
— Ce n’est pas mon genre.
— Mais alors pourquoi tu déconnes comme ça ?
— Parce que tu as l’impression que je déconne ?
— À fond, vieux.
— Eh bien c’est faux !
— Ahh, tu déconnes grave, arrête.
— Comment veux-tu que j’arrête quelque chose que je ne fais pas !
— Ha, ha, tu déconnes complètement !
— Cesse de te foutre de ma gueule !
— Ho, te fâche pas…
— Mgrnf…
— … je disais juste ça pour déconner. »
Ce furent les dernières paroles de mon ami Jacques de Pulco ce jour-là. Un éclair d’orage, surgi du petit nuage d’exaspération qui flottait à quelques centimètres au dessus de de ma tête, venait de le terrasser.♦

Ne vous cognez pas dans la porte qui reflète votre transparence

Tandis que nous buvons tranquillement nos portos du soir, je soumets mon ami Kader Lissou à un petit jeu de devinettes :
« Qu’est-ce qu’on utilise pour porter un bébé ? lui demandé-je.
– Un porte-bébé.
– Et des avions ?
– Un porte-avions.
– Et une porte ? »
Kader hésite un peu puis me dit d’une voix mal assurée :
« Un porte-porte ?
– Oui, très bien. Et comment appelle-t-on le support qu’on utilise pour ranger cet objet ? »
Il hésite encore plus longtemps, et finit par proposer :
« Un porte-porte-porte ?
– Oui, m’exclamai-je joyeusement. Et si je place ce porte-porte-porte entre ces deux miroirs parallèles, que vois-tu Kader ?
– Un porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte… ça commence à devenir de plus en plus éloigné cette affaire…..-porteporte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte– porte-porte-porte-porteporte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte-porte -porte -porte…
– Hé, ho, Kader, reviens ! »
Mon ami s’agite dans le lointain du miroir sans me voir. J’avise un porte-voix accroché au mur. Je saisis la voix et hurle vers Kader. Cette fois il m’a entendu. Je lui fais signe de prendre la porte de secours du miroir. Mais lorsqu’il la touche celle-ci crie « À l’aide ! » La situation, je l’avoue, devient très confuse. Je vois Kader, puis Kader-Kader-Kader-Kader ou Ka-ka-der-der-Ka-ka-Der-der- avancer, reculer, apparaître, disparaître, se refléter par morceaux dans les miroirs, à l’endroit à l’envers, sans tête avec un gros ventre ou filiforme et un long nez dégoulinant. La porte de secours continue de glapir. Elle me fait sortir de mes gonds, je l’avoue. Mû par la colère, j’arrache un tire-porte et fait feu sur la fichue porte. Je vois sa serrure qui grimace de douleur. Elle s’effondre sur le sol et Kader peut alors lui marcher dessus et s’échapper du miroir. Il vient me rejoindre, tout essoufflé.
« T’inquiète, dit en clignant de l’œil, je me porte bien. Tu vas voir.»
Et d’un geste preste, il se ramasse. ♦

2 perroquets s’admirant dans un miroir : [photographie de presse] / Acmé https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90499558/f1.item

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