Le Club d'AppAs — Un cercle fermé ouvert aux foules rieuses

Étiquette soleil

Ne te laisse pas dévorer par la passion de la zoologie

Un gros pélican avale un minuscule poisson sous l’œil (jaloux?) d'une mouette.

Nous étions carrément bien installés, à notre aise, sur la pelouse encore verte du parc public Anouar El Turgot. On était dimanche et autour de nous des petits groupes assis dans l’herbe – familles, bandes de potes, couples – profitaient de ces belles heures d’automne ensoleillées. C’est Jovial, le premier, qui repéra les mouettes.
« Regardez là-haut ! s’écria-t-il. Elles tournent en rond comme des cerfs-volants aux ventres blancs. »
Que faisaient ces animaux en région parisienne ? Le Hurepoix, mon autre camarade, nous expliqua qu’elles venaient passer l’hiver ici et qu’après elles retournaient chez elles, généralement en Europe de l’est.
« Elles s’appuient sur le vent pour planer. Quel magnifique spectacle ! s’émerveilla Jovial, toujours sensible à la poésie de la nature.
— Ça donne envie d’avoir des ailes et de voyager très loin, ajouta Le Hurepoix.
— J’adore aussi la forme de leur corps, murmurai-je en suivant des yeux les trajectoires des oiseaux blancs. Elles sont aérodynamiques comme de soyeux avions à réaction ».
Tous les trois nous continuâmes à observer en silence la ronde aérienne de la petite brigade de mouettes. Des bouffées de vent tiède transportaient jusqu’à nous les mélodies de musique pop en provenance du manège des enfants. Celles-ci venaient se mêler au rap nasillard diffusé par le portable d’une jeune fille assise pas loin de nous. Nous aimions vraiment l’ambiance de cet après-midi d’« été indien ». De nouveau la voix de Jovial se fit entendre.
« Hé ! Maintenant, elles volent beaucoup plus bas. Elles ont dû repérer un truc à manger. Un sandwich abandonné ou du pop-corn…»
Les mouettes avaient en effet réduit leur altitude de vol. On pouvait désormais voir nettement leurs becs rouges et les petites taches de plumage hivernal sur leur tête. Soudain, tout trembla autour de nous. Je me retrouvai brutalement projeté en arrière, la tête face au ciel, à moitié aveuglé par les rayons du soleil. Quand je réussis enfn à me redresser, j’aperçus la forme blanche d’une mouette qui s’éloignait. Un rapide coup d’œil autour de moi me laissa terrifié. Jovial et Le Hurepoix avaient disparu. J’étais seul dans l’aquarium. ♦

“Clontarf Pelican catches a fish-1=”by Sheba_Also 43,000 photos is licensed under CC BY-SA 2.0

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