Une forte pilosité intra-auriculaire n’empêche pas une gustation tout à fait correcte du plus célèbre des alcools champenois

Shigo l’Attaque (de son vrai nom Shigo Nataku), le plus parisien des artistes plasticiens de la jeune scène tokyoïte actuelle, détourne sans précautions les codes de la peinture académique occidentale pour composer d’inquiétantes allégories qui s’engluent avec brio dans les sirupeux territoires du kitsch. Son activisme figuratif questionne en profondeur notre rapport aux bulles, aux moustaches et aux poutrelles. Ses personnages, qui exhibent sans voile leur animalité velue, posent sur le spectateur un regard que le spectateur regarde en retour, d’où une étrange sensation d’échange. Pourquoi “Happy New Year” ? Pourquoi un chapeau pointu ? Pourquoi des gerbes d’étincelles ? Que se joue-t-il dans ce théâtre de l’imaginaire dont l’onirisme faussement frelaté nous renvoie les échos d’une réalité que nous refusons de voir ? Loin de donner les réponses aux interrogations qu’il suscite, Shigo l’Attaque (de son vrai nom Shigo Nataku) nous laisse seuls avec ce qui ressemble fort à la « terrible liberté » qu’un Habib Georgio a si souvent convoqué dans son travail sur les pelisses de gibbon. À nous donc de forger du sens à partir de l’expérience picturale que l’artiste nous propose. Comme il l’écrit dans le catalogue de son solo show « cotillon.s » (2019 – Galerie Geloop Sangard – Paris ) : « Quand la réponse devient la meilleure des questions, le doute s’érige en incertitude, mais c’est nécessaire ». ♦

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